Article du 1er mai 2015 – La « Jungle » est sauvée

Baby Plage et ses jeux sauvages.
Baby Plage et ses jeux sauvages.

Cheetah est préservée et la «jungle» sauvée!

Baby Plage accueille les enfants depuis de nombreuses années, mais a été fermée en 2013 pour des raisons de sécurité. C’est en avril que les autorisations de construire ont été accordées à l’association Cheetah-Baby Plage le droit de construire.

Cet espace ludique a été créé par Jean Georges Ernst, un homme rêveur et créatif, qui nous a quitté en janvier. Installé sur la dernière plage sauvage et publique de Genève, cette place permet aux enfants de vivre des aventures dans une sorte de «jungle» citadine créée de toute pièce avec des matériaux de récupération. Le rêve de son créateur était d’offrir un microcosme de vie et de joie accessible à tous et de permettre aux enfants d’explorer cet endroit différemment.

Un homme dans les arbres
Dans les années 70, Jean-Georges Ernst emménage aux Eaux-Vives. Amoureux du quartier, il s’y investit et veut y faire participer tous ses habitants. Il s’engage dans la réappropriation d’espaces publics. C’est d’ailleurs un des premiers à faire du patin à roulettes le long des quais. Il amène de l’argile, roche terreuse très présente dans le bassin lémanique, sur Baby Plage pour permettre les bains de boue. Puis un jour, il lève la tête dans son lieu de prédilection et aperçoit les branches des platanes et se rend compte qu’elles seraient parfaites pour y installer une balançoire. Cheetah-Baby Plage est né.
Ces 15 dernières années, M. Ernst a habillé les arbres de matériaux recyclés, créé des jeux ingénieux et métamorphosé le cadre déjà exceptionnel en espace de jeux insolite.

Des jeux controversés: un rêve confronté à la réalité
Tout rêve est un jour rattrapé par la réalité. Les installations, malgré l’absence d’accidents et le suivi assidu de son constructeur quant à l’usure et l’utilisation, ne sont pas en règle. L’espace est fermé en 2013. Néanmoins, ce dernier peut compter avec l’appui de Cheetah-Baby Plage, association formée en 2004 par des convaincus et amoureux du projet, qui depuis sa création, déploit ses forces pour préserver cette place de jeux. Un effort récompensé puisque cette année la Ville et le Canton ont reconnu officiellement le parc.
En hommage à M. Ernst, qui a tant fait pour son quartier et ses habitants, l’association tient bon et compte bel et bien faire perdurer son rêve: un constructeur et ami a déjà pris le relai afin d’assurer la pérennité du lieu.

Clara Boismorand