Article du 31 mars 2015

tdgphoto310315Les jeux de Baby Plage rouvrent en mode zéro bobo

Aménagement : Une autorisation provisoire permet aux enfants d’accéder à nouveau au parc fantaisiste. Les normes de sécurité ont pris le dessus.

Image: Patrick Gilliéron-Lopreno

«Est-ce qu’on n’apprend pas en chutant, finalement? On a tous eu un plâtre un jour, non?» Antonio Hodgers se questionne de manière informelle en attendant le début de la conférence de presse. Cinq minutes plus tard, c’est le conseiller d’Etat qui prend la parole: «Pendant quinze ans, les jeux de Baby Plage ont fonctionné sans autorisation. Pour l’Etat, il était hors de question de les laisser ouverts.»

Une autorisation provisoire vient toutefois d’être délivrée. L’aire de jeu est désormais officiellement rouverte. Même si les enfants n’ont jamais cessé de grimper aux lianes, une dénonciation en 2013 avait contraint le Service de la police du feu à ordonner la fermeture du site.

Cette réouverture a été rendue possible par l’association Cheetah Baby Plage, qui a mené des travaux de sécurisation. Au sol, trente centimètres de sable quartz amortissent les chutes alors que certains éléments ont été sacrifiés ou rabaissés. Quant à la toile d’araignée géante qui reliait les deux platanes, elle a disparu, laissant un sentiment de grand vide face au lac.

Le Canton, propriétaire du terrain, se félicite, tout comme la Ville, qui a œuvré afin de trouver cette solution temporaire ouvrant la voie à des travaux de sécurisation pérenne. Il devrait en coûter 120 000 francs à la Municipalité, à condition que le Conseil municipal accepte.

Et après, que restera-t-il de ces jeux sortis de l’imaginaire du génial Jean-Georges Ernst, brusquement décédé en début d’année? Plus aucun élément ne permettra aux enfants d’escalader au-delà de trois mètres. Les lianes seront lestées au sol et le mobilier qui permettait de se propulser est voué à disparaître sous le coup de sévères normes de sécurité. «Le moindre bobo et les parents vous collent un procès», soupire Roman Juon, ancien responsable des aires de jeu de la Ville, devenu vice-président de l’association Cheetah Baby Plage. «Le climat a changé depuis une dizaine d’années, observe à son tour Esther Alder. Les parents n’endossent plus la responsabilité en cas d’accident et attaquent systématiquement les collectivités publiques.»

Sur place, John Rothenbühler, l’un des constructeurs de ces jeux, a la triste impression d’assister à un démantèlement. «Jean-Georges avait créé cet endroit comme un laboratoire. On laissait faire les enfants et ils assumaient. Ça a marché. En quinze ans, il n’y a jamais eu d’accident grave.» Pour montrer sa volonté de réduire les risques, le bénévole a entièrement recouvert un banc d’un entrelacs de pneus et chambres à air. Mais il n’est pas sûr que cela suffira. La rampe de lancement des enfants faisant Tarzan sur la liane risque fort de ne pas répondre aux normes de sécurité.